20180208

Éditorial

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Deux réflexions suffiront : 


Sollte man überrascht, wenn Philosophie plötzlich Konjunktur hat und es populärer geworden ist, in Werken alter (manchmal auch junger) Meisterdenker nach tragfähigen Sinn-Fundamenten zu stöbern, die neue Orientierung schenken könnten. 

Aber natürlich wäre es albern zu glauben, die Philosophie sei ein Liferant von Patentrezepten, die im Handumdrehen eine aus den Fugen geratene Weltordnung wieder auf Zack bringen könnte. 

Vielleicht ist dies das Beste, was Philosophie dem Sinnsucher heute bieten kann : an den gewohnten Denkmustern radikal zu Zweifeln, für einen Moment aus dem täglichen Radau der politischen Rechthaberei auszuscheren und aktuelle Fragen ohne ideologische Scheuklappen von Grund auf neu zu durchdenken. 

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Des spectres hantent l’Europe ? 

« Apatrides, sans-foyer.
Ils sont là.
Et ils nous accueillent
Généreusement
dans leur regard fugitif,
nous, les oublieux,
les aveugles.
Ils passent et ils nous pensent. »

(Niki Giannari)

« Passer. Passer quoi qu’il en coûte. Plutôt crever que ne pas passer. Passer pour ne pas mourir dans ce territoire maudit et dans sa guerre civile. Avoir fui, avoir tout perdu. Passer pour tenter de vivre ici où la guerre est moins cruelle. Passer pour vivre comme sujets du droit, comme simples citoyens. Peu importe le pays, pourvu que ce soit un État de droit. Passer, donc, pour cesser d’être hors de la loi commune. Dans tous les cas : passer pour vivre. Mais là où vous avez fui les murs clos des caves bombardées, vous avez trouvé une frontière close et des barbelés au camp d’Idomeni. »

(Georges Didi-Huberman)

Passer, quoi qu’il en coûte se compose d’une part d’un poème, en version bilingue, de Niki Giannari intitulé Des spectres hantent l’Europe (pages 11 à 21) et d’un texte de Georges Didi-Huberman intitulé Eux qui traversent les murs (pages 25 à 88). Les 11 illustrations de ce livre sont tirées d’un documentaire, Des spectres hantent l’Europe, tourné dans un camp à Idomeni en Grèce dont Niki Giannari est coauteur avec Maria Kourkouta.

(ed.)